L’intelligence artificielle

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA

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L’intelligence artificielle

31 janvier 2017

 
https://www.technologyreview.com/s/601882/inside-facebooks-artificial-intelligence-engine-room/

http://www.theverge.com/a/mark-zuckerberg-future-of-facebook

https://www.wired.com/2016/11/google-facebook-microsoft-remaking-around-ai/


« L’intelligence artificielle se définit comme le contraire de la bêtise naturelle »
Woody Allen


Avant de développer l’analyse des 3 articles, une définition de l’intelligence artificielle s’impose, pour bien cerner le sujet !

L’intelligence artificielle peut se définir comme

  • Une discipline scientifique relative au traitement des connaissances et au raisonnement, dans le but de permettre à une machine d’exécuter des fonctions normalement associées à l’intelligence humaine telles que compréhension, raisonnement, dialogue, adaptation, apprentissage, etc.
  • Une discipline scientifique recherchant des méthodes de résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Par extension elle désigne, dans le langage courant, les dispositifs imitant ou remplaçant l’humain dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives.

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L’intelligence artificielle fait l’objet de nombreuses recherches et de nombreux développements technologiques au sein des plateformes telles que Google, Microsoft, Amazon ou encore Facebook et Twitter. Toutes ces compagnies, aidées par des ingénieurs issus de grandes universités, cherchent à conceptualiser des systèmes d’apprentissage qui peuvent reconnaître des objets, des animaux, des gens, des scènes photographiques entières, des systèmes de reconnaissance vocale, de traduction, de compréhension du langage, etc..

Il s’agit d’un réel changement technologique au sein de ces grosses compagnies orientées services, qui sont intimement persuadées que les services basés sur l’intelligence artificielle peuvent – à terme – devenir leur première source de revenus. Elles accélèrent donc la recherche et le développement de manière significative au sein de leurs organisations.

Selon le directeur de la technologie de Facebook, Mike Schroepfer, « Quand nous mettons au point un nouveau modèle ou une nouvelle technologie, elle est immédiatement prise en compte par des centaines de personnes pour travailler sur des produits qui eux-mêmes seront utilisés par des milliards de personnes ».

Ces compagnies adoptent d’ailleurs une nouvelle stratégie à l’égard de leurs employés, leur offrant des formations spécifiques en vue de s’adapter à cette nouvelle manière de fonctionner.

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Le cas particulier de Facebook…

Le « data centre » de Facebook est situé à Prineville, dans l’Oregon (USA), au Sud de Seattle, au beau milieu de nulle part.sandy-and-prineville510

Les logiciels sont devenus de plus en plus efficaces dans la reconnaissance d’image et la reconnaissance vocale grâce à la puissance des processeurs.

Le « data centre » comporte des centaines de processeurs (GPU) au travail simultanément.

De nombreuses autres compagnies travaillent sur la conception de nouveaux processeurs, encore plus rapides et encore plus aptes à traiter les données algorithmiques. Google, par exemple, a annoncé la sortie d’une nouvelle génération de processeurs.

En avril 2016, Mark Zuckerberk, le CEO de Facebook, a dévoilé son ambitieuse vision pour les 10 années à venir. En même temps, Facebook venait de vivre une de ses meilleures années, accumulant plus de 1.65 milliards d’utilisateurs mensuels, ce qui en fait le réseau social le plus largement utilisé au monde !

Quelles sont les ambitions de Zuckerberg ?

Il veut se donner pour mission d’assurer que le monde entier soit connecté à internet et croit fermement que l’on ne peut obtenir la meilleure intelligence artificielle ou réalité virtuelle tant que l’on n’amène pas internet à l’ensemble de la planète. C’est dans cet esprit qu’il développe tant de temps (et d’argent) sur des projets de connectivité.

Zuckerberg s’exprime sur le sujet et dit :“Il existe des études qui prouvent que pour chaque 10 personnes qui se connectent à Internet, environ 1personne quitte le seuil de pauvreté et environ 1 nouveau job est créé. Si l’on évoque les 4 milliards de personnes qui ne sont pas encore connectés, diffuser la connectivité est clairement le meilleur moyen pour améliorer la qualité de vie de beaucoup de gens dans le monde.

Zuckerberg ajoute : Beaucoup de personnes ont des lacunes en éducation ou en santé. Si vous vivez dans une ville qui ne possède pas une bonne école, Internet reste votre meilleur atout pour recevoir une bonne éducation.  Si vous vivez dans un endroit où vous n’avez pas de bon médecin, Internet est votre meilleur atout pour être capable de savoir quelle devrait être votre état de santé.

Quand on voit la tournure que prend Internet, quand on sait à quel point Internet peut être rempli de fausses informations, d’informations contradictoires, de fausses vérités, de rumeurs, d’informations marketing propagées par les sociétés elles-mêmes pour faire du chiffre d’affaire, c’est assez ahurissant d’entendre ce genre de discours de la part d’un CEO. C’est un manque de crédibilité et un  discrédit total, selon moi…

Bref, revenons-en à ses projets d’avenir.

La mission de Facebook est donc de créer un monde « ouvert et connecté ». Les dirigeants de Facebook se rendent – quand même – compte qu’il existe 3 obstacles majeurs pour les 4 milliards de personnes qui ne sont toujours pas connectées à Internet :

  • L’accessibilité physique aux réseaux : même si ces personnes possèdent un smartphone, elles peuvent vivre dans une zone où aucun signal ne passe ;
  • L’accessibilité financière aux réseaux : même si ces personnes possèdent un smartphone et qu’elles ont accès au signal, les données peuvent rester à un coût élevé ;
  • L’accessibilité,à la technologie : certaines personnes n’ont juste pas grandi avec un ordinateur, avec Internet

Facebook semble avoir des projets pour chacune de ces pierres d’achoppements, la première étant l’accessibilité physique au signal. La compagnie a développé des petits avions photovoltaïques qui vont servir de relais dans le ciel, comme une sorte de tour-relais. Le projet s’appelle Aquila et a déjà été testé fin juin 2016, avec succès semble-t-il.

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Facebook va également introduire un nouveau projet, Terragraph, qui va augmenter la rapidité de téléchargement des vidéos ou des informations par exemple.

Facebook a des projets liés à la domotique, qui sont liés à des logiciels d’intelligence artificielle.

Mais l’un des facettes que Facebook va le plus développer est la réalité virtuelle. Facebook avance 2 raisons majeures à cela :

  • Nous vivons dans un monde en 3D et non en 2D
  • Nous souhaitons partager nos expériences

La technologie serait prête pour commercialiser rapidement des produits de réalité virtuelle, bien plus rapidement que des applications ou produits liés à l’intelligence artificielle.


En temps qu’utilisatrice moi-même de nouvelles technologies – et épouse d’informaticien ! – je me trouve face à un dilemme : faut-il tenter de garder la main sur l’évolution de l’intelligence artificielle, jusqu’à quel point cette évolution ne va-t-elle pas nous dépasser, voire nous échapper, mais en même temps, réguler la recherche n’est-ce pas aussi l’étrangler et donc lui nuire ?

L’évolution de l’être humain a – jusqu’à présent – été lente et progressive. Et en moins d’un siècle, elle subit une accélération fulgurante. Nous ne sommes pas encore dans la science-fiction où la machine serait pourvue d’émotions et pourrait prendre le pas sur l’homme mais il faut voir à long terme et envisager l’avenir de l’intelligence artificielle et ce que nous voulons en faire.

Le débat est ouvert…

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Densités de population…

Lorsqu’on discute des raisons qui nous ont incitées à immigrer au Canada, on évoque souvent le souhait d’un meilleur futur pour nos enfants (ados), les raisons socio-économiques et la sensation de “pression” ressentie en Belgique, mais cette notion était difficile à expliquer, à décrire et difficilement comprise par nos amis canadiens.

Nous avons récemment mieux réussi à l’illustrer…

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Ce petit tableau dit tout, pourquoi avons-nous privilégié Ottawa à Bruxelles ??…

Les Big Data et la science des données

 ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA

Sur la science des données
(Pierre Lévy’s Blog, 18 January 2017 )


« All models are wrong but some are useful » (George Box, ‘70s)


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Le monde actuel évolue vers une vision purement mathématique du traitement des données, en se basant sur l’utilisation d’outils analytiques et statistiques.

Le Professeur Vincent Mosco, lors de sa conférence sur les « Big Data » [19 septembre 2016 à l’Université d’Ottawa] , a évoqué que la technologie, bien qu’extrêmement utile et nous amenant vers le mode du futur, implique une perte d’éthique et des relations sociales, …

Dr Jekyll et Mr Hide, ces « Big Data » : rassurantes de par leurs statistiques et analyses fiables, effrayantes car elles prouvent l’existence de cette société de contrôle, de traçabilité et de mesure, de surveillance et d’analyse permanentes dans laquelle nous évoluons (Big Brother is watching you !)

La provocation d’Anderson et de ses émules provient du fait qu’elle signe quasiment l’arrêt de mort de la science, du moins si l’ensemble des scientifiques suivaient leur théorie, ce qui est encore loin d’être le cas…

Les « Big Data » peuvent identifier des phénomènes, modéliser des résultats statistiques ; mais nous n’en sommes pas encore au point où elles peuvent – à elles seules – expliquer un lien de cause à effet uniquement sur base de chiffres, de statistiques ou de résultats d’algorithmes. L’interprétation des données continue à jouer un rôle essentiel et peut confirmer ou infirmer une hypothèse ou un modèle scientifique. Il serait cependant utopique de négliger ou renier l’existence des « Big Data » ou leur utilité…


Si Galilée assistait à ce débat, nul doute qu’il se retournerait dans sa tombe…

Lui qui avait défendu la théorie de l’héliocentrisme et qu’on avait pris pour un fou, mais qui avait pourtant étayé ses théories à force de modèles multiples et de savants calculs…

Et qui avait évidemment raison.


Des compagnies qui freinent sur les avancées technologiques et qui se mettent des œillères pour ne pas envisager cette évolution vont inévitablement manquer d’énormes opportunités pour le futur, voire même déjà pour le présent.

Avec l’effet d’immédiateté qui se manifeste de plus en plus dans de nombreux secteurs, ne pas utiliser les nouvelles technologies est quasiment signer sont arrêt de mort, ou décider alors de ne pas être compétitif dans le paysage actuel.

Cependant, il faut rester vigilant et ne pas se fier uniquement a leur simple utilisation et application mais toujours avoir du recul par rapport a ces données, ne pas les utiliser brutes.

Les « Big Data », les statistiques et les algorithmes ne peuvent pas remplacer l’intelligence de l’analyse humaine, ni l’expérience des scientifiques, la validation par les pairs, la comparaison évolutive des données,… Tout ce qui a été mis en place au cours des siècles, voire des millénaires…

L’intelligence de l’homme sera ou serait de rendre les « Big Data » et la science complémentaires, afin de les utiliser à bon escient.

La curation collective de données

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


La curation collective de données
(Pierre Lévy’s Blog, 11 March 2016 )


Quel est ce mot étrange venu d’ailleurs “curation de données” ?

Curare… soigner ! Là, ça me parle, moi qui suis attirée par tout ce qui concerne la santé 🙂 Soigner les données, les informations, les connaissances. Faire de la veille de données et donc sélectionner, archiver et prendre soin de contenus pertinents.

Mais attention, on ne parle plus ici d’archiver à l’ancienne, oubliés les cartons plein de papiers, les dossiers suspendus voire même les post-it épinglés sur un tableau !

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Soyons modernes et vivons avec notre temps et nos technologies, utilisons les mutiples outils de gestion de base de donnée mis à notre disposition pour produire et partager nos connaissances !

Attention cependant aux sources… Ne confondez pas les réseaux sociaux, plateformes riches en informations mais qui ne constituent pas des sources fiables car elles sont sujettes à l’expression de l’émotion de chacun, à la transformation des informations, c’est le “bouche-à-oreille” moderne. Privilégiez les outils perfectionnés où les curateurs sélectionnent pour vous les informations vérifiées, que vous pourrez partager en toute quiétude.

La curation de données commence à s’imposer dans un certain nombre de domaines :

  • la conservation des héritages : il semble évident que la numérisation des données des archives, des bibliothèques, des musées est un cap essentiel dans l’échange d’informations, surtout à l’ère de la mondialisation, permettant à différents groupes de se rassembler – sans aucune frontière – pour discuter de leurs intérêts communs;
  • la recherche en sciences humaines : l’apparition de bases de données permet un partage des connaissances mais a plongé l’édition scientifique dans une profonde crise. Pas uniquement les publications cientifiques d’ailleurs, c’est tout le monde de l’édition qui est remis en question… Mais cette communication entre chercheurs et cet accès généralisé aux informations ne va-t-il pas remettre en question le “peer-review”, de pas l’intervention d’un autre type de lectorat, moins spécialisé ?;
  • l’apprentissage collaboratif est une avancée phénoménale dans la sphère éducative puisque les ressources sont disponibles en ligne. Cependant, la prudence s’impose : il ne va plus être nécessaire d’apprendre aux étudiants à utiliser la technologie, ils la maitrisent, mais bien à réfléchir comment l’utiliser de manière pertinente, quel est le contenu adéquat et objectif qui leur sera utile, comment prendre du recul par rapport à certaines informations,… Un nouveau défi !;
  • les nouvelles : la technologie engendre une inévitable évolution du métier journalistique à cause de l’immédiateté, de l’urgence. Le journaliste décode moins l’information, réalise de moins longs sujets, fat du copier-coller mais utilise Google Analytics, des statistiques,…;
  • l’intelligence open source : les états n’ont plus besoin d’espions physiques sur le terrain mais bien de hackers, d’analystes de données en ligne,…

La gestion des connaissances doit nous éviter de tracer des relations de cause à effet trop rapides sur base de sources non pertinentes, doit développer notre intelligence critique.

La gestion des connaissances et la curation de données permettent une évolution des métiers, des pratiques, de la gestion des informations et de leur interprétation et vont mener à une responsabilité individuelle et collective par rapport à la pertinence des données publiées et analysées.

La responsabilité démocratique…

Je n’ai jamais fumé, je pense avoir un mode de vie sain, je pratique du sport et j’ai une alimentation équilibrée… Non, je ne suis pas parfaite 🙂 No worry !

J’estime que l’interdiction de fumer dans les espaces publiques est une excellente décision, de même que coller des images affreuses sur les paquets de cigarettes. Même si certaines études auraient démontré que cela n’a pas eu l’effet escompté, surtout chez les jeunes. Abus de campagnes de sensibilisation ?

Mais pourquoi s’acharner sur le tabac ? La malbouffe tue également, bien plus insidieusement. L’alcoolisme ou les sms au volant, idem.

Pourquoi ne pas coller des images d’enfants affamés sur les boîtes de hamburgers dans les fast-food ? Et pourquoi ne pas coller des images de morts d’accidents routiers sur les bouteilles d’alcool, ou de bière, voire sur les smartphones ?

Bien entendu, ce raisonnement est poussé à l’extrême et pourrait choquer mais réfléchissez-y une minute…

Nous sommes tous responsables, démocratiquement, citoyens du monde, de notre santé, de notre bien-être, mais également de celui de notre communauté.

Carpe diem et take care…

L’importance de la communication en santé publique

ANALYSE DE TEXTES – CMN5533 / THEORIES DES COMMUNICATIONS ET DE LA SANTE – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


Why health communication is important in public health ?
(Rajiv N Rimal & Maria K Lapinski, Bull World Heath Organ 2009; 87 : 247)
Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé (1986)
Une « relecture » de la charte d’Ottawa (Jean-Pierre DESCHAMPS, Société française de santé publique, Santé publique, 2003/3 – N° 15 : 315-325)


D’une part, pour la première fois en 2010, les États-Unis allouent un chapitre à la communication concernant la santé dans leurs objectifs pour les Health People et d’autre part, la charte d’Ottawa a été éditée en 1986 pour la promotion de la santé, et elle a fait l’objet d’une relecture 18 ans plus tard.

Je vais d’abord vous présenter les deux textes, pour ensuite tenter de les analyser.

Parlons d’abord du 1er article sur la communication en santé publique…

Les autorités académiques et les praticiens reconnaissent de plus en plus l’importance de la prévention et les facteurs sociaux, environnementaux et psychologiques qui influencent la santé et le comportement humain.

Hors, la communication est au cœur du comportement de l’être humain. James Carey y reconnaît d’ailleurs 2 fonctions : la transmission et le rituel. Tout effort pour modifier le comportement est considéré comme un acte de communication, dont le processus comporte différentes composantes essentielles : le canal de communication, la source (l’émetteur), le récepteur et bien entendu le message en lui-même.

Il faut bien comprendre que ce message sera soumis à une perception sélective, de par l’individu et le prisme social. Il existera également des différences d’interprétation du message, il pourra être décode différemment. Et étant donné que la communication est un processus dynamique, émetteur et récepteur peuvent interchanger leurs rôles.

Ces principes, appliqués à la communication de la santé, soulèvent certains enjeux non négligeables.

Tout d’abord, il est compliqué d’analyser statistiquement et à grande échelle les contenus de la communication concernant la santé, ne fut-ce que de par sa nature sensible.

Ensuite, désormais, la communication liée à la santé fait l’objet d’une approche multidisciplinaire, en vue de la promotion de modifications effectives dans le comportement, incorporant l’expertise d’une grande diversité de professionnels de la santé.

L’accent est donc mis sur la combinaison de la théorie et de la pratique, à divers niveaux, offrant une opportunité unique d’améliorer nos comportements et de sauver des vies.

Avant de lire le second article de Deschamps, il fallait lire la charte originale ! Cette charte a été rédigée suite à la déclaration de l’OMS à Alma Mata (au Kazakhstan) en 1978. Cette Conférence internationale sur les soins de santé primaires soulignait la nécessité d’une action urgente de tous les gouvernements, de tous les professionnels des soins de santé et de la communauté internationale pour protéger et promouvoir la santé de tous les peuples du monde. La charte d’Ottawa, est un énoncé d’engagements citoyens, sociaux et politiques afin de concerter divers intervenants et de promouvoir la sante.

  • Au niveau politique, il s’agit de donner les moyens de mettre en œuvre une politique de santé pour réduire les écarts, viser l’égalité de sante pour tous.
  • Au niveau social, il s’agit de créer des milieux socio-écologiques favorables mais également de renforcer l’action communautaire.
  • Au niveau citoyen, la promotion de la sante sera mise en œuvre dès l’école et soutiendra le développement individuel.

In fine, la promotion de la sante n’a pas qu’un but sanitaire mais est réellement perçue comme la ressource ultime et la recherche du bien-être.

Le 2ème article (de Deschamps, qui date de 2003) propose une relecture de la charte un peu moins de 20 ans plus tard et insiste sur l’aspect pionnier de cette charte, mais soulève le fait qu’elle doit évoluer selon le contexte économique et social actuel de mondialisation.

Concept pionnier à tel point que certains pays, pourtant industrialises et faisant partie du G8, ne l’ont pas comprise et n’ont pas adhéré au principe, ou peu. Les valeurs qui sont insérées dans cette charte ne sont pourtant que des engagements démocratiques afin que chacun puisse avoir accès a la sante et au bien-être. Mais il semble que cet aspect de « démocratisation de la sante », de « démocratie sanitaire » fasse encore peur à certains dirigeants… Laisser les déterminants de la sante aux mains des citoyens, quelle drôle d’idée !

La charte effraie également car une des conditions sine qua non à la sante est la paix, Deschamps reconnait l’utopie de cet engagement.

Deschamps souligne le caractère interactionniste de la charte « il s’agit de politique sociales, économiques, éducatives, des politiques de l’emploi et des loisirs, de l’environnement, de l’urbanisme et de l’habitat » (p.316) donc à tous les échelons, du plus local au national. La charte engage tous les intervenants à construire un cercle vertueux en faveur de la promotion de la sante.

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Deschamps insiste sur la cohérence du texte qui invite à « veiller les uns sur les autres » : nous sommes vraiment dans la c-construction, dans la démocratie participative.

Deschamps souligne enfin que la charte met en exergue la valorisation de chaque groupe, y compris des minorités, face à des décideurs qui pourraient être tentes d’agir non pas pour le bien collectif mais par recherche du profit.

Comment analyser ces articles ?

Le 1er article et la charte ont une conception interactionniste ou interprétativiste, dans différentes mesures cependant.

Le 1er article se focalise sur la communication au travers des professionnels de la sante, d’une équipe multidisciplinaire certes mais qui reste interne à la profession. On constate cependant une évolution dans la manière de communiquer : la médecine cartésienne plus traditionnelle va intégrer l’aspect comportemental, social et va intégrer l’empathie. Cette structure multidisciplinaire ne fleurit pas seulement au niveau de la communication d’ailleurs, et heureusement, elle est également véhiculée au travers d’équipes de soins qui se concertent pour un meilleur traitement du patient, une meilleure prise en charge, alors qu’auparavant le patient était ballotté de généraliste en spécialiste et d’examen médical en thérapie.

La force de l’évolution de cette communication est de ne pas considérer une seule facette de la pathologie, de la thérapie ou de ce dont on veut parler mais de communiquer dans la globalité.

La faiblesse pourrait résider dans le fait que la communication reste entre les mains des professionnels de la sante et il est de l’intérêt de tous de pouvoir vulgariser cette communication et la rendre accessible aux citoyens, aux politiques, aux communautés afin que tous les acteurs puissent la mettre en pratique au quotidien.

La charte originale tente de faire jouer plus d’intervenants dans cette co-construction de la communication, il y aura les professionnels de la sante mais également les politiques, les acteurs sociaux et les acteurs les plus concernes, les citoyens !

Selon moi, la charte originale évoque aussi la pyramide de Maslow : la charte souhaite faire évoluer les besoins primaires (ressource sanitaire, la paix, un abri, de la nourriture et un revenu) vers un concept positif de bien-être et donc atteindre le sommet de la pyramide grâce à la promotion de la santé.

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C’est donc un projet participatif ambitieux qui implique tous les acteurs et qui leur faire bien comprendre que chacun est à la source de son propre bien-être et de la qualité de vie de sa communauté.

La faiblesse de ce genre de document semble évidente : ces engagements ne peuvent être écrits et pris que dans des pays industrialisés, avec un certain niveau de vie, ou les citoyens ont une conscience collective de ce qu’est la sante et vers quel bien-être ils peuvent tendre s’ils en prennent soin. Comment demander à un éthiopien de faire un choix de vie sain alors qu’il n’a pas de quoi s’alimenter tous les jours ? Il existe donc une part d’utopie dans ce document.

Mais, a contrario, le texte a le mérite d’exister et de conscientiser les populations, les politiques, les communautés. Et d’engendrer des actions concrètes, à moyen ou long terme, mais qui finissent par se mettre en place et modifier les comportements.

Deschamps a donc une vision très juste, très pointue et très réaliste de la charte d’Ottawa et sa relecture est extrêmement pertinente, et même si son texte date de 2003, toujours d’actualité.

Quelles conclusions peuvent être tirées en 2017, plus de 30 ans plus tard ? Positif ou négatif ?

Selon Michel O’Neil, Professeur titulaire, Université Laval, Québec : « la charte d’Ottawa n’a pas déclenché la 3eme révolution mais en est un symbole important ». Il y a donc eu des avancées majeures surtout dans le domaine de la prévention (tabagique, hygiène des mains notamment) mais également en matière de promotion de la sante (campagnes pour l’allaitement, pour l’équilibre nutritionnel/contre l’obésité, concernant le diabète, la prévalence de l’asthme,…)


Questions :

  • Quelle perception avez-vous de la prévention/promotion de la sante ?
  • Trouvez-vous les campagnes de communications plates et contraignantes ?
  • Existe-t-il une campagne qui vous a marqué ?

Bonne ou mauvaise campagne de promotion de la santé ? Deux exemples, à titre personnel…

  • Selon moi, mauvaise campagne (n’explique pas les symptômes ni les gestes qui sauvent) :  Prévention AVC : campagne AVC Belgique
  • Selon moi, bonne campagne, sujet sérieux mais traité avec humour, sans grossièreté :

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