La curation collective de données

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


La curation collective de données
(Pierre Lévy’s Blog, 11 March 2016 )


Quel est ce mot étrange venu d’ailleurs “curation de données” ?

Curare… soigner ! Là, ça me parle, moi qui suis attirée par tout ce qui concerne la santé 🙂 Soigner les données, les informations, les connaissances. Faire de la veille de données et donc sélectionner, archiver et prendre soin de contenus pertinents.

Mais attention, on ne parle plus ici d’archiver à l’ancienne, oubliés les cartons plein de papiers, les dossiers suspendus voire même les post-it épinglés sur un tableau !

Curation.jpg

Soyons modernes et vivons avec notre temps et nos technologies, utilisons les mutiples outils de gestion de base de donnée mis à notre disposition pour produire et partager nos connaissances !

Attention cependant aux sources… Ne confondez pas les réseaux sociaux, plateformes riches en informations mais qui ne constituent pas des sources fiables car elles sont sujettes à l’expression de l’émotion de chacun, à la transformation des informations, c’est le “bouche-à-oreille” moderne. Privilégiez les outils perfectionnés où les curateurs sélectionnent pour vous les informations vérifiées, que vous pourrez partager en toute quiétude.

La curation de données commence à s’imposer dans un certain nombre de domaines :

  • la conservation des héritages : il semble évident que la numérisation des données des archives, des bibliothèques, des musées est un cap essentiel dans l’échange d’informations, surtout à l’ère de la mondialisation, permettant à différents groupes de se rassembler – sans aucune frontière – pour discuter de leurs intérêts communs;
  • la recherche en sciences humaines : l’apparition de bases de données permet un partage des connaissances mais a plongé l’édition scientifique dans une profonde crise. Pas uniquement les publications cientifiques d’ailleurs, c’est tout le monde de l’édition qui est remis en question… Mais cette communication entre chercheurs et cet accès généralisé aux informations ne va-t-il pas remettre en question le “peer-review”, de pas l’intervention d’un autre type de lectorat, moins spécialisé ?;
  • l’apprentissage collaboratif est une avancée phénoménale dans la sphère éducative puisque les ressources sont disponibles en ligne. Cependant, la prudence s’impose : il ne va plus être nécessaire d’apprendre aux étudiants à utiliser la technologie, ils la maitrisent, mais bien à réfléchir comment l’utiliser de manière pertinente, quel est le contenu adéquat et objectif qui leur sera utile, comment prendre du recul par rapport à certaines informations,… Un nouveau défi !;
  • les nouvelles : la technologie engendre une inévitable évolution du métier journalistique à cause de l’immédiateté, de l’urgence. Le journaliste décode moins l’information, réalise de moins longs sujets, fat du copier-coller mais utilise Google Analytics, des statistiques,…;
  • l’intelligence open source : les états n’ont plus besoin d’espions physiques sur le terrain mais bien de hackers, d’analystes de données en ligne,…

La gestion des connaissances doit nous éviter de tracer des relations de cause à effet trop rapides sur base de sources non pertinentes, doit développer notre intelligence critique.

La gestion des connaissances et la curation de données permettent une évolution des métiers, des pratiques, de la gestion des informations et de leur interprétation et vont mener à une responsabilité individuelle et collective par rapport à la pertinence des données publiées et analysées.

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