Datajournalisme, journalisme de données, enquête…

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


Datajournalisme, journalisme de données, enquête…

http://jplusplus.github.io/guide-du-datajournalisme/

http://www.cefrio.qc.ca/netendances/actualites-nouvelles-mobilite-information-temps-reel/web-simpose-principale-source-information/#les-sources-consultees-sur-internet

http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2012/09/09/le-futur-du-journalisme-passe-par-la-comprehension-du-code/

http://blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2012/09/09/le-futur-du-journalisme-passe-par-la-comprehension-du-code/

http://www.ecfr.eu/article/commentary_how_to_avoid_a_post_truth_world?utm_medium=social&utm_source=twitter#

https://papers.ssrn.com/sol3/papers2.cfm?abstract_id=2806640

https://www.theguardian.com/news/datablog/2011/jul/28/data-journalism


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Le datajournalisme peut permettre de raconter une histoire complexe avec des graphiques clairs. Qu’est-ce qui distingue le datajournalisme du journalisme traditionnel ? C’est le fait d’utiliser les nouvelles technologies, les big data, la diversité et la masse d’informations disponibles et de le combiner avec le ‘flair’ journalistique pour en extraire des informations intéressantes.

Il y a 10 ans, The Guardian a lancé son blog Datablog sur lequel il partage des données et des questions en tous genres. A l’époque, c’était une démarche totalement innovante.

En réalité, le datajournalisme applique – au moyen des nouvelles technologies – ce qui existait anciennement dans les articles de fond ou les livres : l’utilisation de données, l’utilisation de statistiques, etc… Ce n’est qu’une compilation de données mais il faut avoir l’insiration ou l’intelligence de les présenter d’une manière qui va intéresser le lecteur. Tout un chacun pourrait le faire mais le ‘look and feel’ fait toute la différence… Inutile d’être un progammeur IT ou un analyste, le plus important est de publier une histoire, ou tout simplement des chiffres marquants.

Les Big Data sont une source inépuisables de chiffres, de données, de concepts qui peuvent être sources d’analyses en tous genres puis de conceptualisation d’histoires.

Le seul risque est de semer la crainte, la peur, voire la terreur, en diffusant des fausses informations (‘fake news’), ce qui arrive de plus en plus fréquemment, faute de vérification des données ou d’analyse erronée de celles-ci. Le problème de ces fake news est souvent lié à un modèle financier : le ‘pay-per-click’ va générer des revenus en fonction du nombre de clics effectués sur la page. Hors, les nouvelles sensationnelles, qu’elles soient vraies ou fausses, vérifiées ou non, ont tendance à générer des visites et donc des clics… et des retours sur investissemnts ! Ces modèles sont souvent utilisés lors des campagnes électorales, pas seulement aux USA d’ailleurs mais l’Europe a adopté cette stratégie également. Il existe peu de solutions correctives à ces modèles déviants, mais cependant il en existe ! Notamment l’augmentation de la transparence, l’encouragement du journalisme de qualité et plus d’éducation à l’information.

Le datajournalisme est un nouveau métier. De nouveaux outils ont donc été développés pour permettre aux journalistes de traiter cette masse de données à leur disposition. Par nature, le datajournalisme ne se pratique pas seul mais est pluridisciplinaire et se pratique de préférence en réseau(x). Les datajournalistes apprennent donc à “décoder le code” et à jongler avec les algorithmes.

Le datajournalisme est également face à un autre défi : se renouveler dans la manière de présenter le contenu; un adulte québécois sur quatre (26,4 %) indique qu’Internet est sa principale source pour s’informer à propos des nouvelles et de l’actualité. Chez les étudiants, 64,5 % utilisent Internet comme source principale d’information contre seulement 17,3 % pour la télévision. Les adultes québécois s’informent aussi sur les réseaux sociaux, 14,2 % soulignent que ces plateformes font partie des trois principaux moyens qu’ils utilisent pour se tenir informés. Ce portrait démontre la variété d’options offertes sur Internet et la concurrence féroce imposée aux médias traditionnels.

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Les informations sont diffusées en temps réel, proviennent de très nombreuses sources et tout est diffusé via les réseaux sociaux.

“Quand les informations étaient rares, l’essentiel de nos efforts se portait sur la recherche et la collecte. Maintenant qu’elles sont abondantes, le traitement des informations est devenu plus important. Nous traitons les informations à deux niveaux : 1) analyse, pour donner du sens et structurer le flot incessant de données, et 2) présentation, pour faire rentrer les informations importantes et pertinentes dans la tête du consommateur.” (Philip Meyer, professeur émérite de l’université de Caroline du Nord )

“Les journalistes doivent s’y faire : le datajournalisme, c’est le futur. Autrefois, on trouvait des histoires en discutant avec des gens dans un bar, et il se peut que cela vous arrive encore de temps à autre. Mais aujourd’hui, il faut également être capable d’analyser des données, d’en tirer les informations pertinentes et de les replacer dans leur contexte pour aider les gens à en comprendre tous les tenants et les aboutissants.” (Tim Berners-Lee, fondateur du World Wide Web)

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L’innovation en éducation

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


L’innovation en éducation

http://www.open.ac.uk/blogs/innovating/


Explorer de nouvelles formes d’enseignement, d’apprentissage et l’évaluation, pour guider les éducateurs et les décideurs politiques.


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Apprentissage par les médias sociaux
Utiliser les médias sociaux pour offrir des possibilités d’apprentissage à long terme

Des millions de personnes accèdent à des sites tels que Facebook, Twitter, des blogs, pour rester en contact avec leurs amis et échanger des informations. La plupart de ces activités ne peuvent être décrites comme de «l’apprentissage» dans le sens le plus large du mot. Cependant, les médias sociaux peuvent soutenir créativité, collaboration, communication et partage des ressources. Ces supports médiatiques peuvent être utilisés pour développer des projets, en engageant les apprenants de nouvelles façons. Les médias sociaux permettent d’impliquer l’expérience des personnes autour du monde. Les projets décrits dans l’article ( PepysDiary.com, NASA, @Samuelpepys, @RealTimeWWII, @LeVostreGC,…) ont tous développé au fil du temps. Chacun permet aux apprenants de s’engager en établissant et en maintenant des liens vers des événements éloignés dans le temps ou dans l’espace. Exécuter des projets comme ceux-ci nécessite l’engagement dans le temps ainsi que l’expertise, l’enthousiasme et la capacité de coordonner. Ces personnes ont un domaine d’expertise et utilisent l’expertise pour filtrer les idées et les ressources,faciliter l’engagement et l’interaction. Ils peuvent aussi agir en tant que co-apprenants, désireux de s’engager dans les développements suggérés par les autres participants.

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Échec productif
S’appuyer sur l’expérience pour acquérir une compréhension plus profonde

Dans l’échec productif, les étudiants essaient de résoudre des problèmes complexes avant d’être qu’ils deviennent des principes pertinents et des méthodes correctes. Les efforts initiaux de résolution de problèmes peuvent échouer ou trouver une mauvaise solution, mais le processus d’exploration de différents chemins peut mener à une compréhension plus profonde. L’enseignant explique alors la solution correcte et ses principes.

Il existe quatre principaux mécanismes d’apprentissage derrière l’échec productif. Les apprenants peuvent
1. accéder et explorer leurs connaissances antérieures en relation avec le problème ou le concept,
2. s’occuper d’importantes parties du problème,
3. discuter et expliquer ces caractéristiques essentielles,
4. organiser ces caractéristiques conceptuelles importantes et impliquer certains d’entre eux dans une solution.

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Enseignement
Apprendre en expliquant ce que nous avons appris

Teachback est un moyen de comprendre un sujet, et pour montrer que vous l’avez compris, au moyen d’une conversation structurée.
Une personne (habituellement un expert ou un enseignant) explique quelque chose qu’ils savent sur un sujet à une autre personne (habituellement un novice). Ensuite, le novice essaie d’enseigner sa nouvelle compréhension à l’expert. Si le novice donne une bonne réponse, l’expert poursuit en expliquant un peu plus sur le sujet. Si le novice a des difficultés pour enseigner, alors l’expert essaie de clarifier l’explication et e novice l’enseigne jusqu’à ce qu’il atteigne une compréhension commune.

Trois aspects de l’enseignement sont particulièrement importants.
1. Le processus d’apprentissage doit être visible et explicite, avec les conversations entre les deux participants et quelqu’un d’autre qui se soucie d’écouter.
2. Les deux partenaires devraient être enrichis par la conversation. Celui qui a plus d’expertise avoir l’occasion d’expliquer ses connaissances de manière structurée et savoir si elle sont comprises.  Le novice apprend en recevant des instructions directes et en passant par un processus de rappel et de vérification pour valider d’ éventuelles lacunes dans la compréhension.
3. Il devrait y avoir un moyen de vérifier la nouvelle compréhension, par exemple par un test noté par l’enseignant pour appliquer les connaissances et pour valider si ce qui a été enseigné est correct.

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Conception de la pensée
Appliquer des méthodes de conception pour résoudre des problèmes

Le terme «conception de la pensée» a été popularisé par deux livres dans les années 1980. Les livres de Lawson et Rowe ainsi que d’autres travaux, ont fourni un ensemble de principes pour la conception de la pensée :
1. Les concepteurs pensent selon diverses perspectives. Ils explorent ou développent des alternatives concurrentes; ayant plus d’une solution leur permet de comprendre le problème et d’évaluer les possibilités de solutions.
2. Les concepteurs de pensée combinent l’interdisciplinarité des connaissances et des compétences pour générer des solutions, qui peuvent être basées sur leur expérience pratique.
3. Les concepteurs de pensée  sont centrées sur les produits. Ils comprennent les propriétés et contraintes des matériaux, tout en testant les limites.
4. Les concepteurs de pensée esquissent et développent leurs idées visuellement. Ce qui rend non seulement les idées plus compréhensibles et convaincantes, mais aussi les aident à voir les pièges, menaces et opportunités que la discussion verbale peut ne pas révéler.
5. Les concepteurs de pensée explorent comment leurs conceptions répondront aux besoins et intérêts humains.
6. Les concepteurs de pensée pensent au-delà de l’immédiat. Ils comprennentle processus de conception et inventent de nouveaux outils de conception ou façons de travailler.
7. Les concepteurs de pensée sont d’habiles travailleurs en équipe qui peuvent travailler efficacement en groupe avec un objectif commun. Ils développent et appliquent des habiletés interpersonnelles.
8. Les concepteurs de pensée sont orientés vers l’action. Ils ont l’intention de modifier le monde.

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Apprendre du grand public
Utiliser le grand public comme source de connaissance et d’opinion

Le crowdsourcing implique que des membres grand public puisse donner et recevoir des informations pour résoudre des problèmes, créer du contenu, voter pour des solutions, ou recueillir des fonds. Les plateformes de online crowdsourcing  permettent aux amateurs d’échanger des idées avec des experts, combinant la sagesse du grand public avec les connaissances et les commentaires des experts.
Wikipedia est un exemple de la façon dont les gens travaillent pour produire et négocier des contenus pour la plus grande encyclopédie du monde. N’importe qui peut ajouter ou modifier du contenu dans Wikipedia. Les administrateurs de Wikipedia agissent comme bénévoles, pour tenter de régler les différends et pointer les articles brouillons ou non finis.
Un autre site de crowdsourcing est Kickstarter, qui est utilisé pour proposer des projets et des collectes de fonds.

Le crowdsourcing peut également être mis en oeuvre pour l’éducation scolaire (EarthEcho World Water Monitoring). Le 22 mars, chaque année, des milliers d’écoles et d’élèves testent leur eau locale pour l’acidité, l’oxygène, la température et partagent leurs résultats sur une carte du monde.

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Apprentissage par jeux vidéo
Rendre l’apprentissage amusant, interactif et stimulant

 

L’apprentissage au travers des jeux vidéos date de l’apparition des jeux vidéos environ. ‘Oregon Trail’, le premier développé en 1971, était le 1er commercialisé comme jeu éducatif qui étudiait l’histoire et la géographie des Etats-Unis. Le joueur jouait le rôle d’un conducteur de train qui traversait la côte Ouest des Etats-Unis dans les années 1840. Plus de 65 millions de copies ont été vendues.

Il y a des avantages évidents à utiliser les jeux vidéos pour l’apprentissage. Cependant, ils offrent des défis. Ce n’est pas simple de configurer des jeux qui équilibrent apprentissage et amusement. De bons jeux vidéos éducatifs doivent pouvoir combiner un contenu attractif avec des mécanismes de jeux qui supportent l’apprentissage.

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Analyse formative
Développer des analyses qui aident les apprenants à réfléchir et à améliorer

Les analyses d’apprentissage utilisent les données produites pendant l’apprentissage et l’enseignement. Ils nous aident à comprendre et à améliorer l’apprentissage et les environnements où elle a lieu.
À mesure que les institutions et les enseignants recueillent davantage de données sur les profils et le comportement, ils commencent à à utiliser l’analyse d’apprentissage pour prédire
Ce dont les élèves ont besoin comme soutien supplémentaire.

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Apprentissage pour l’avenir
Préparer les élèves au travail et à la vie dans un avenir imprévisible

La stratégie des compétences produite par l’Organisation internationale pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a glissé l’attention du capital humain, mesuré en années d’éducation, vers les compétences acquises, améliorées et nourries au cours de leur vie.
Ce changement se reflète dans la politique éducative, les déclarations et les initiatives visant à équiper les étudiants possédant les compétences pour qu’ils puissent faire face à un monde incertain, une vie complexe et un environnement de travail changeant.
Les écoles et les collèges font face à de nombreux défis quand il s’agit de connecter l’apprentissage avec les problèmes et les enjeux du monde réel. Il en résulte un manque de motivation et un désengagement. Préparer les étudiants à être prêts pour l’enseignement supérieur, les carrières et la vie future est un défi universel.

Il existe plusieurs nouvelles pédagogies, elles incluent :

  1. L’apprentissage personnel
  2. L’apprentissage au moyen d’appareil digitaux pour montrer les compétences dans des concepts complexes et du contenu et publier les résultats online
  3. Apprendre en-dehors de la classe; par exemple, la collecte de données sur la vitesse du vent ou la température autour d’une ville en utilisant les capteurs sur les appareils mobiles.
  4. Poursuivre ses passions et ses intérêts personnels en posant des question et utilisant son appareil mobile pour collecter et organiser des preuves en-dehors de la classe
  5. Utiliser les programmes online et les cours MOOC

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Translanguaging
Enrichir l’apprentissage par l’utilisation de plusieurs langues

Le mot ‘langage’ décrit un processus dynamique d’utilisation ou de production d’une langue pour faire du sens. Le langage se réfère en premier lieu à la communication verbale mais peut aussi inclure la gestuelle, le langage du corps, le dessin ou la production médiatique. Passer aisément et de manière fluide d’un langage à l’autre s’appelle le ‘translanguaging’.

Ce modèle fluide de l’enseignement et de l’interaction des langues propose des défis et des opportunités.

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Blockchain pour l’apprentissage
Stocker, valider et commercialiser la réputation éducative

Une partie du processus d’apprentissage est l’utilisation d’examens pour prouver que nous avons appris quelque chose. Cela exige un moyen sûr et efficace de mémoriser les résultats. Jusqu’à présent, cela était géré par des organisations reconnues qui dispensent des examens officiels, l’accréditation et des qualifications et l’étudiant reçoit un certificat.
Une nouvelle technologie, la blockchain, offre un système numérique qui peut stocker de manière fiable tous types de dossier scolaire, d’un diplôme à un essai d’étudiant ou à une performance de danse, dans un registre universel qui n’est pas détenu dans un établissement mais qui est copié à travers de nombreux ordinateurs. La blockchain permet à tout un chacun de montrer ses propres créations et idées à tout le monde, revendiquant une invention et permettant de gagner la reconnaissance.

La blockchain est la technologie de base de données de la monnaie de Bitcoin. Il offre un accès sécurisé et un moyen peu coûteux de stocker des enregistrements et de valider toute transaction pouvant être représentée numériquement. La blockchain  est une longue chaîne de données (qui pourraient être du texte, des images, de la vidéo, des logiciels) reliés les uns aux autres et mémorisés comme des copies identiques sur chaque ordinateur. Elle utilise une méthode de sécurité des données moderne pour s’assurer que les articles de la chaîne ne peut pas être modifié.

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A la découverte de la blockchain

ANALYSE DE TEXTE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA


A la découverte de la blockchain


buffet.jpgLa blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

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La Blockchain n’est qu’un socle technologique, mais un socle structurellement accessible, partagé ET sécurisé.

Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limitées à un certain nombre d’acteurs.

Une blockchain publique peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

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En 2008, Satoshi Nakamoto publie « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System » : il y propose une solution qui autorise une transaction sécurisée entre deux agents qui ne se connaissent, qui peuvent dès lors échanger des actifs sans que la transaction ne doive être validée par une autorité centrale.

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Les 3 propriétés de la blockchain : désintermédiation, sécurité, autonomie

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DÉSINTERMÉDIATION

Le consensus remplace la validation centralisée La première propriété de la Blockchain est de produire la confiance nécessaire pour que des agents (utilisateurs) échangent sans le contrôle d’un tiers de confiance.

SÉCURITÉ

L’architecture décentralisée et le code des blocs garantissent l’inviolabilité des informations. Deux mécanismes garantissent la sécurité structurelle des informations enregistrées au sein d’une blockchain : un procédé cryptographique et l’architecture décentralisée.

AUTONOMIE

La création d’une crypto-monnaie rémunère les coûts d’infrastructures Aujourd’hui, les services en ligne (réseaux sociaux, paiement, hébergement, etc) sont adossés à des plateformes qui assument les besoins d’infrastructure. Dans le cas de Blockchain, la puissance de calcul (hash/seconde) et l’espace d’hébergement sont fournis par les noeuds du réseau eux-mêmes. L’investissement matériel, la puissance de calcul et l’espace de stockage consommés par le mining sont compensés par l’émission de bitcoins (ou autres crypto-monnaies).

3 défis pour l’adoption de la Blockchain :

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  1. LE DÉFI DU PASSAGE À L’ÉCHELLE

Le Bitcoin est le projet le plus abouti mais les autres projets sont encore à développer et à tester à plus large échelle. Selon les experts, les capacités techniques sont présentes pour le développement au long terme. La baisse du coût de stockage, la créativité historique de la communauté Bitcoins ainsi que l’afflux d’investissements permettront de faire évoluer la technologie Blockchain vers plus de « scalability ».

  1. UN DÉFICIT DE VALEUR-PERÇUE POUR L’UTILISATEUR FINAL

Dans le monde des services en ligne, la qualité de l’expérience utilisateur est déterminante pour la création de nouveaux usages. Actuellement, l’utilisateur final perçoit difficilement la valeur ajoutée de ces services, qui semblent encore trop complexes à utiliser.

  1. UNE RÉGULATION À ÉCRIRE

Afin de valider les innovations introduites par la Blockchain, il est crucial de leur donner une assise juridique forte.

Exemples d’utilisation :

  1. En Chine, la chaine de grandes surfaces Walmart a testé la technologie Blockchain d’IBM afin de suivre la tracabilité de la viande de porc vendue : cette technologie permet d’enregistrer la provenance de chaque morceau de porc qu’elle vend en Chine, le lieu et la façon dont il a été transformé, sa température de stockage et sa date limite de conservation. Si certains produits doivent être rappelés, il sera alors possible d’identifier les lots affectés, de dire où ils sont exactement et, s’ils ont déjà été vendus, qui les a achetés. Le projet pourrait être étendu à d’autres produits. La chaîne de distribution américaine vient tout juste en Chine d’ouvrir son centre de collaboration sur la salubrité des aliments (Walmart Food Safety Collaboration Center, WFSCC).
  2. La société Everledger utilise la technologie blockchain pour proposer un service de certification capable de prouver la provenance et d’identifier le propriétaire des diamants. Les diamants sont des minéraux que l’on peut tout particulièrement identifier car ils ont à l’état brut des caractéristiques physiques uniques. Ceux qui sont taillés sont désormais marqués d’un numéro de série gravé au laser. Enregistrer chaque mouvement d’objets ayant une telle valeur permet aux assureurs de repérer la fraude et aux organisation internationales de s’assurer que le commerce de diamants ne finance pas les guerres. La CEO d’Everledger, Leanne Kemp, pense que le système pourrait également être utilisé pour les produits de luxe et le marché de l’art.

Lexique

Bitcoin

Selon la définition de son créateur, Satoshi Nakamoto, Bitcoin est « un système de monnaie électronique entièrement de personne à personne permettant d’effectuer des paiements en ligne, sans passer par une institution financière ». Créée en 2009, Bitcoin est la première application développée sur une blockchain et, à ce jour, la plus massive. C’est un logiciel open-source dont le code est visible et modifiable par tous. Après son apparition en 2009, le potentiel technologique de Bitcoin a été éclipsé par ses usages illégaux. Cependant, la  communauté n’a cessé de grandir et la valeur d’un bitcoin a même dépassé les 1000$ courant 2013. Depuis Novembre 2014, elle oscille entre 230$ et 400$.

Clef publique/privée

Le jeu de clef publique/privée est le mécanisme d’identification de la Blockchain. Cette innovation décisive provient de travaux sur la cryptographie asymétrique dans les années 70. Les deux clefs sont liées mathématiquement de sorte que la clef publique (connue de tous) permet de coder un message tandis que la clef privée (connue par l’utilisateur seul) permet de le décoder. En somme, une clef privée permet de calculer la clef publique mais l’inverse est impossible.

Crypter un message

Alice souhaite envoyer un message à l’utilisateur Bob. Elle utilise alors la clef publique de Bob pour crypter son message. La clef privée de Bob lui permet de décrypter le message.

S’identifier

Alice souhaite s’identifier sur un service Blockchain. Elle utilise sa clef privée pour « signer » son identité. Le service, qui connaît la clef publique d’Alice, vérifie si les deux clefs correspondent. Dans ce cas, la clef privée est dite « de signature » et la clef publique « de vérification » La clef publique/privée s’oppose au mot de passe unique, partagé entre l’utilisateur et le service. En cas de piratage des serveurs du service, l’ensemble des mots de passe utilisateurs peuvent être volés. Dans le cas d’une clef publique / privée, l’identité de l’utilisateur est menacée uniquement si sa clef privée est subtilisée. En revanche, en cas de perte, une clef privée ne peut pas être régénérée.

Miners

Les miners, ou mineurs en français, sont les noeuds du réseau qui valident les transactions et alimentent la puissance de calcul de la Blockchain. Ce sont eux qui opèrent la validation des transactions à la place d’une instance centrale. Ce sont des individus ou des organisations qui apportent le matériel informatique nécessaire pour résoudre des problèmes cryptographiques en temps réel. Le premier des mineurs à trouver cette solution est rémunéré en crypto-monnaie, ce qui génère une compétition entre les mineurs et les pousse à acquérir du matériel plus puissant

Mining

Le mining, ou minage en français, est l’action de validation des informations inscrites sur une blockchain. C’est aussi l’acte de création monétaire. Le minage est l’activité de résolution de problèmes cryptographiques qui permettent la validation des blocs. Effectué par certains noeuds du réseau, c’est l’instrument qui remplace la vérification d’un office unique par un travail décentralisé. Cette opération collective produit un consensus sur la validité ou non d’une transaction. Chaque validation est rémunérée par quelques milli-centimes de crypto-monnaie : c’est le mécanisme de création monétaire des cryptomonnaies sur une blockchain.

 Proof-of-Work

La Proof of Work (PoW) est le résultat du problème cryptographique à résoudre pour qu’une nouvelle information soit ajoutée dans un bloc. Ce résultat est difficile à obtenir et nécessite beaucoup de puissance informatique. En revanche, sa vérification est peu consommatrice de ressources ce qui peut être effectué par le plus nombre. La Proof-of-Stake (preuve d’intérêt) est une autre méthode de validation des blocs. Celle-ci est basée sur les avoirs (ainsi que leur temps de conservation) de la personne et se définit généralement par un pourcentage de création monétaire. C’est une méthode parallèle pour atteindre un consensus décentralisé et qui a l’avantage de consommer peu d’énergie (Peercoin, NeuCoin ou BlackCoin sont des monnaies PoS). Les deux méthodes de ne sont pas exclusives et sont parfois utilisées conjointement.

Token

Le token (jeton en anglais) est l’unité de base d’une blockchain. C’est cette unité transférable qui devient donc une preuve de propriété : le token est possédé sur un compte, une adresse au sein du système (par exemple, le token de la blockchain bitcoin est le Bitcoin ). De plus, il est possible d’adosser des informations à des tokens et de les utiliser au-delà d’application monétaires : un titre de propriété, un bulletin de vote, une preuve d’antériorité. Un moyen d’affecter une valeur spécifique à un token est la coloration de coins : des tokens taggés (colorés) qui seront comme un sous-sytème monétaire au sein d’une blockchain. Cela peut servir à émettre et gérer des actions pour un moindre coût, le site Coinprism permet de tester cette fonction assez facilement. Les tokens sont l’unité transactionnelle et informationnelle sur une blockchain.

Bibliographie :

L’intelligence collective, quid ?

ANALYSE DE LIVRE – CMN5550 / GESTION DES CONNAISSANCES – HIVER 2017, UNIVERSITE D’OTTAWA

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COMPTE-RENDU DU LIVRE

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Selon l’auteur Pierre Lévy, nous sommes passés de “Cromagnon Man” à “Communication Man”. L’évolution en cours converge vers la constitution d’un nouveau milieu de communication, de pensée et de travail pour les sociétés humaines.

Le projet d’intelligence collective est un ensemble de choix et de décisions politiques et socio-culturelles et cette mutation, ces nouveaux enjeux de civilisation seront possibles grâce – notamment – au cyberspace: utilisation des nouvelles technologies de l’information, développement du réseau informatique à l’échelle mondiale.

Introduction

L’émergence des intelligences collectives est une question de survie dans ce nouveau mode de fonctionnement qui intègre les nouvelles technologies : il faut réinventer une nouvelle démocratie en utilisant de nouveaux outils performants, pour passer le cap de cette mutation, s’organiser autrement, ensemble, coordonner ses forces intellectuelles. L’intelligence collective doit se définir un langage commun à tous, une surlangue, non géré par les Etats ou les Territoires.

L’auteur cite Michel Serres : “ Le savoir est devenu une nouvelle infrastructure” : échange et circulation permanente de savoir et de savoir-faire (base du knowledge management).

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L’auteur évoque ensuite le concept d’espace anthropologique : c’est un système de proximité (espace) propre aux êtres humains (anthropologique), qui dépend donc du langage, des conventions, des techniques et dans ce cas, le savoir sera le premier moteur de ce nouvel espace. Nous sommes face à un paysage social nouveau, à redéfinir.

L’intelligence collective est une “intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences” (p29), le but étant de canaliser le savoir pour penser ensemble.

L’ingénierie du lien social

L’ingénierie du lien social est “l’art de faire vivre des collectifs intelligents ensemble et de valoriser au maximum la diversité des qualités humaines” (p33). L’intérêt de l’intelligence collective est de potentialiser la puissance du savoir collectif en articulant l’individuel et le collectif dans un “espace du savoir” au travers des nouvelles technologies.

Les technologies peuvent être distinguées en deux grandes catégories :

  • Molaires : plutôt vues comme étant une vision de masse;
  • Moléculaires: il s’agit d’une vision fine, précise, micro-structurelle, réduisant le gaspillage.

Il existe 3 domaines dans cette tendance moléculaire :

  • La maîtrise de la vie (biologie moléculaire)
  • La maîtrise de la matière (mécanique énergétique)
  • La maîtrise de l’information : le contrôle des messages, le traitement de l’information (IT)

L’ouverture du cyberspace permet d’envisager des formes d’organisation économiques et sociales centrées sur l’intelligence collective et la valorisation de l’humain. Il existe trois grands idéaux types au sein de la variété des technologies politiques:

  • Les groupes organiques ( les familles, clans, tribus)
  • Les groupes organisés, des groupes molaires ( les Etats, les institutions, les Eglises, les grandes entreprises, mais aussi les « masses » révolutionnaires)
  • Les groupes auto-organisés, groupes moléculaires, idéal de la démocratie directe (p.60).

Les médias de masse , en diffusant toutes sortes d’idées et de représentations, remettent largement en question les organisations rigides et les cultures fermées, mais malgré leur pouvoir critique, ils n’aident pas les collectivités à proposer des solutions. Les technologies moléculaires proposent aux individus et aux groupes de se valoriser eux-mêmes : la nano-politique est un hypercortex communautaire.

Actuellement, le cyberspace n’est plus de la science-fiction et doit être conçu comme un véritable service public (p71) et avoir pour vocation d’interconnecter et d’interfacer tous les dispositifs de création, d’enregistrement, de communication et de simulation. Il pourrait devenir le lieu d’une nouvelle forme de démocratie à grande échelle.

L’enjeu du cyberspace est de donner à une collectivité le moyen de proférer une parole plurielle sans passer par des représentants. Le collectif intelligent est la nouvelle figure de la cité intelligente démocratique, politique moléculaire, qui a pour finalité sa propre croissance, son retour sur soi et son extension au monde. (p79)

p79

La démocratie en temps réel est le régime politique le plus efficace pour le 21ème siècle car basée sur l’intelligence collective qui mobilise, valorise et emploie au mieux les qualités humaines.

L’intellect agent est défini comme la source immédiate de toutes les formes et idées du monde où nous habitons et devient l’expression, l’espace de communication, de navigation et de négociation des membres d’un intellectuel collectif, celui-ci étant dynamique, ne s’éteignant jamais.

L’intellectuel collectif est un discours et un dispositif technologique, une sémiotique qui encourage le nomadisme intellectuel.

L’Espace du Savoir :4 espaces anthropologiques

L’auteur identifie 4 espaces anthropologiques :

  • La Terre, celui “toujours déjà là” qui correspond à la sélection naturelle;
  • Le Territoire, l’espace des échanges, du commerce, de l’écriture, la sélection artificielle est une technologie molaire;
  • L’Espace des Marchandises, espace de territorialité et auto-organisé où triomphent capitalisme et économie des biens matériels;
  • L’Espace du Savoir, au sens étymologique, est une utopie, où se rejoignent les qualités individuelles et collectives.

Dans son épilogue, l’auteur pose clairement la question : “ Le projet de l’intelligence collective, utopiste ou réaliste ?” Il rétorque que c’est une utopie réaliste !

Pour contrer les arguments qui pourraient invoquer le repli sur une théorie stérile, l’auteur invoque 2 parades :

  • Défensive : les intellectuels développent d’autres espaces parallèles, sans altérer les existants;
  • Offensive : l’avantage de l’Espace du Savoir est précisément de composer des temporalités personnelles pour créer une subjectivité collective.

Le projet d’intelligence collective ne remet donc pas le bonheur a plus tard mais incite quotidiennement à augmenter le degré de liberté de chaque individu et des groupes et a mettre en synergie connaissances est connaissants.


ARGUMENTAIRE PERSONNEL

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argumentaire

Ce livre est pionnier et visionnaire : écrit en 1997, soit 3 ans à peine après l’avènement d’Internet au grand public et alors qu’il était bien loin du succès planétaire actuel… Les théories évoquées dans le livre ne semblent alors que de simples prédictions ou spéculations sur le Web 2.0, mais en réalité, bon nombre se sont bel et bien réalisées ! Ce livre est donc toujours pertinent et d’actualité.

Le livre reste cependant parfois abstrait ou compliqué dans sa manière d’aborder les théories présentées, les diverses comparaisons avec les passages bibliques, traditions, concepts théologiques, ne sont pas toujours aisés à appréhender de prime abord.

J’apprécie beaucoup la notion de nouveau nomadisme, concept pionnier également mais qui “colle” à la mondialisation actuelle et aux nombreux défis technologiques. Il est intéressant de voir la similitude entre les individus les plus utilisateurs de nouvelles technologies, de modes de communication interactifs, collectifs et intensifiés. Ce nomadisme est comme un besoin de liberté exprimé par tous ces objets nomades, qui nous suivent partout, hyperconnectés, qui nous permettent d’avoir accès à toutes les ressources, en permanence.

Nous avons tous une  vision intuitive de ce que devrait être l’intelligence collective…Pour établir le parallèle avec le livre de Dominique Cardon “à quoi rêvent les algorithmes” analysé par une collègue étudiante, je dirais que l’intelligence collective se doit de trouver la recette idéale : mélanger les intelligences individuelles pour potentialiser tous les savoirs au service d’une communauté. L’avenir est clairement tourné vers ce modèle, la réussite doit être collective… et intelligente ! Mais les conditions doivent être réunies pour faire en sorte que le modèle puisse décupler ces savoirs, ces énergies, ces capacités organisationnelles, cette créativité, ce partage de connaissance,… Il faut instaurer un climat de confiance mutuelle. Est-ce la réalité observable au quotidien ? Dans une start-up, il peut être aisé d’instaurer un esprit d’intelligence collective mais dans une grosse société, à la structure hiérarchique rigide, où l’individualisme et la compétition ont toujours primé, comment déstructurer et réorganiser ? Comment passer du système ‘bâton-carotte’ au système de la relation de confiance ‘tous dans le même bateau’ ?

Si le défi réussit, le processus d’échange intellectuel et collaboratif génère un dynamisme hors-norme pour les individus du groupe – peu importe sa taille – lui permettant d’être à la pointe de l’innovation. Nous sommes donc dans l’ère du “co-” : collaboration, co-working, coopération, connexions; c’est là tout le défi de l’intelligence collective et c’est là que se situera le résultat réel.

Ce nouveau modèle doit donc se distancier d’une simple déclaration d’intention : tout le monde doit y mettre du sien et donner spontanément le meilleur de soi-même, afin que, de l’utopie, on puisse passer à la réalité.

Lors du recrutement d’un collaborateur Steve Jobs s’assurait qu’il possédait les compétences requises mais – surtout ! – qu’il aimait Apple et les produits d’Apple.

Ceci est un bon exemple  d’intelligence collective : on a beau “posséder” beaucoup de savoir, encore faut-il être prêt à s’intégrer dans une équipe, à faire preuve d’empathie, à partager ses connaissances, à échanger,… Dans cet esprit-là, je pense que l’auteur a une vision particulièrement optimiste de la collectivité ou de la communauté, étant intimement persuadée qu’elle se réunira “instinctivement” en collectifs intelligents, vu que le totalitarisme ne l’a pas fait et a été voué à l’échec. Je serais plus nuancée, étant moins humaniste ou croyant probablement moins en la ‘mobilisation juste’ de la race humaine. Il suffit de citer l’élection de Trump…

L’intelligence collective présente l’avantage d’être potentiellement un outil de lutte contre l’exclusion : toutes les compétences, tous les savoirs, toutes les créativités y sont reconnus et intégrés : “Personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose” dixit Pierre Lévy. De fait, sur papier, le concept est fantastique et pas que sur papier d’ailleurs car les communautés de pratique n’ont fait qu’émerger ces dernières années, prouvant la capacité de collaboration et de mise en commun des connaissances. Néanmoins, à nouveau, je ne peux m’empêcher de tempérer. Internet n’est pas que source de collaboration, il est aussi source d’isolement : les individus tissent un lien virtuel mais ne se rencontrent plus, étant isolés les uns des autres derrière leur écran, sans émotion, sans sensation tactile, parfois même avec usurpation d’identité…

L’auteur est favorable  à ce que tout transite par Internet, faisant disparaître les frontières espace/temps ainsi que la notion de vie privée, donc des frontières public/privé. Je serais plus sceptique à cet égard : l’ultra-diffusion des données de l’ensemble des individus mène à certaines déviances de la part de ceux qui traitent les données, commerciales/marketing notamment mais cela peut mener également à une forme de violation de la vie privée, d’exploitation de pouvoir. Je ne suis donc pas favorable à une hyper-connectivité ou à un ultra-partage de l’ensemble des données, celles-ci n’étant pas toujours traitées “en bonne intelligence”.

La gestion des connaissances – ou knowledge management – est évidemment une application moderne de cette théorie de l’intelligence collective ou coopération intellectuelle. Il offre des outils, des indicateurs.  Il est plus souvent pratiqué en entreprises ou des organisations, mais reste encore peu applicable à des échelles telles que des régions, des pays, etc…

En conclusion, je dirais que tout est dans la manière dont on va utiliser les technologies, tout est dans l’usage que l’on en fait et qui en fait quel usage ! Un collectif intelligent va certainement potentialiser les ressources, multiplier la créativité, augmenter sa capacité d’innovation, se réorganiser et donc entrer dans un cercle vertueux d’ingénierie de lien social, comme décrit par l’auteur. Mais comment ne pas envisager l’autre facette, de l’exploitation non souhaitée des données publiée sur le cyberspace ?

LIENS ET BIBLIOGRAPHIE

1.           https://pierrelevyblog.com/tag/intelligence-collective/

2.           http://www.challenges.fr/emploi/management/20151029.CHA1046/ce-que-pensent-5-grands-dirigeants-de-l-intelligence-collective.html

3.           http://www.journaldunet.com/management/expert/62725/la-reussite-est-desormais-collective–ou-elle-n-est-pas.shtml

4.           http://geek.sweetux.org/a-lire/lintelligence-collective-cette-etonnante-capacite-du-vivant/

5.           http://blog.colligence.fr/

6.           http://www.intelligence-collective.net/intelligence-collective/blog/item/favoriser-l-emergence-de-l-intelligence-collective.html

1.           Lenhardt, V. (2009). L’intelligence collective en action (2e éd..). Paris: Village mondial : Pearson Education France.

2.           Luc, E. (2016). LE LEADERSHIP PARTAGÉ: DU MYTHE DES GRANDS LEADERS À L’INTELLIGENCE COLLECTIVE. Gestion, 41(3), 32–39.